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 Submergé par la réalité ♦

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Little Soul
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MessageSujet: Submergé par la réalité ♦    Jeu 14 Déc - 23:43

Les jours passèrent;
J'avais peur. Je tentais de garder la tête haute mais mon cœur battait la chamade. Plus rien ne semblait avoir de sens lorsque les massives portes du fort s'ouvrèrent. Ces hommes m'attachèrent et j'attendais. Le ventre creux et la gorge sèche devenait mon quotidien. Puis ma routine prit une autre tournure. Ils s'étaient mis à me chevaucher. Je m'y étais opposé d'un ronflement. En somme, il leur a fallu peu de temps pour réussir à grimper sur mon dos. L'espace d'une seconde peut-être ? En peu de temps, j'étais devenu la monture parfaite à leurs yeux. Docile, rapide, neutre. Malgré tout, il me manquait encore l'endurance et la puissance. Ils comptaient y remédier.
Chaque soir, lié à ce poteau, je me demandais quand ils allaient enfin venir. Quand ils me sauveraient. Mais plus les jours passaient et moins j'y croyais. J'étais terrorisé.

Les mois passèrent;
J'étais épuisé. Nous avions marché encore et encore. Deux pauses, une pour boire, une pour dormir. Certains mois, le cuir brûlait ma peau. D'autres, le froid me perforait mes cicatrices de ses aiguilles. Mais nous avancions, en rang serrés. Nous étions 6 tout au plus, en missions "d'exploration" pour le chemin de fer. Les hommes regardaient sans cesse le soleil, les étoiles, retranscrivaient des annotations, faisant des représentations du paysage semblables à ceux que faisait autrefois les hommes du camp. Moi, je fixais le sol et, parfois, je voulais mourir.
Je pensais à tout ceux que j'aimais. Tous ceux en qui je croyais. Au final, qui était vraiment là aujourd'hui avec moi ? Personne. Seul les morts me hantent.
Plus les mois filaient, lentement, et plus je réalisais que mon monde n'était fondé que sur des relations qui n'avaient pas lieu d'être. J'avais toujours été là, je me serais jeté dans les flammes, j'aurais tout donné pour eux. C'était avec un goût amer que je constatais où mes actions m'avaient mené. Avec des hommes, loin des terres natales. Seul. Quoique pas tout à fait. J'entendais Hadès m'insuffler du courage.
Et puis Hazufel n'avait-il pas raison finalement ? Trop stupide pour l'écouter, je n'en serais peut-être pas là si je l'avais suivi. Mais trop occuper à me créer un monde. Quelle ironie.
Mes pensées créaient un bruit de fond, comme l'eau vrombissante d'une cascade. Ils n'ont pas été là pour moi. Ils ne l'ont jamais été. J'étais éreinté.

Un an et demi s'écoula :
Indifférent, les massives portes du fort s'ouvrèrent. Il entra, comme un héritier en son royaume. Il scrutait les alentours, mais n'y trouva que désintérêt. Il était certes épuisé mais déjà, tous pouvait voir qu'une métamorphose avait opéré. Il semblait avoir vieilli de 5ans, il dégageait une aura étrange. Presque anxiogène. Le malaise était palpable. Ces muscles étaient maintenant saillants sous son poil imprégné de poussière, crasseux. Son encolure large, son port de tête droit. Il se tenait fièrement sur ses appuis et formait un rictus insatisfait devenu naturel. Ses sourcils, légèrement froncé, semblait juger d'où son regard se posait. Et ce regard. Il n'était ni vide, ni expressif. Il était indifférent, imprégné de la réalité, miroir de l'extérieur avec cette teinte inhospitalière que personne ne lui connaissait alors. Mais qu'importait ? Il compte maintenant vivre la succession des jours, sans aucun espoir, sans inquiétude, sans amour, sans tout ce qu'il avait pu être auparavant. Le monde du petit prince s'était écroulé.
Peut-être était-ce ce US imprégné sur son épaule qui lui avait nécrosé le cœur. Peut être était-ce le cœur qui avait consumé son âme. Alors il se pliait aux exigences des cow-boys, n'en faisait ni moins ni plus. Ses paroles, depuis trop longtemps gardées pour lui, s'étaient limitées. Il ne parlait que s'il en voyait une nécessitée. Tout était mué par un objectif. Sans, il devenait inerte. Il n'avait plus peur ni de la solitude, ni du combat, ni de l’agressivité, ni des souvenirs, ni de la mort.

C'est la fin d'une époque et le début d'une nouvelle ère. Plus sombre et peut-être plus instinctive.



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