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 Tell them that I'm gone peacefully

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Lucifer
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MessageSujet: Tell them that I'm gone peacefully    Ven 1 Déc - 1:18

Berceuse respirait doucement et se déplaçait tout aussi lentement : la douce n’était pas pressée, ni même craintive. Elle marchait simplement vers le bout de son territoire, là où on rencontrait celui de Ciel Étoilé. Elle savait qu’elle devait s’y rendre et elle avait quitté le campement sans mot dire, discrètement, pour n’alerter personne. Ces derniers temps, elle était semblable à une ombre à laquelle on ne prête guère d'attention.

Elle avait mis longtemps pour arriver au bout de ses terres, s’arrêtant de temps en temps pour boire ou se reposer un peu. Elle ne voyait plus que quelques points lumineux, qui éclairaient les ténèbres qui avaient engloutis ses yeux. Cela ne la gênait plus. Son dos et ses jambes en revanche lui causaient bien des soucis et la Douce avait hâte que tout se termine, dans le calme. C’est comme ça que cela devait se passer et c’était là tout simplement l’ordre des choses. En se levant ce matin, elle avait tout particulièrement salué Zaldae en lui assurant de nouveau qu’il serait un grand chef et elle avait passé un long moment avec Hirondelle, son amie si attentionnée, rien qu’à profiter de sa présence. Puis elle avait quitté le campement.

Elle ne faisait pas de bruit, l’herbe étouffait le murmure de ses sabots. Elle avançait sans crainte, en paix. Lorsque la lune devait être bien haut dans le ciel, la toute petite jument aux yeux d’opale s’était délicatement couchée. Oh, qu’elle avait eu mal en pliant ses jambes : elle n’était pas très vieille, à peine douze ans, mais ses genoux… Ils la faisaient tellement souffrir qu’elle se sentait aussi rouillée que si elle n’avait pas bougé pendant cent années. Finalement couchée, elle avait plié ses petits sabots sous son poitrail et avait humé l’air, les oreilles bien dressées en avant. Elle était exactement là où elle le voulait et au loin, elle l’avait déjà entendu.

Le sifflement bref et doux de son cavalier avait retenti. Elle n’avait pas répondu. Amarok avait sifflé une seconde fois et Berceuse avait finalement répondu d’un tout petit hennissement. L’Indien l’avait immédiatement entendue et il était venu à ses côtés.

« Alors ma belle amie grise ? Tu ne rentres pas ce soir ? Tu es loin tu sais. »

La jument avait tourné ses yeux morts vers son cavalier et les avait doucement clos avant de les ouvrir à nouveau. Il avait dégluti, difficilement. Il comprenait. Il s’était agenouillé tout près d’elle.

« Acceptes-tu que je reste avec toi cette nuit ? »
*j’adorerai ça. Reste donc s’il te plait*


Il s’était mieux installé, s’asseyant devant elle. La Douce avait délicatement posé sa tête sur ses jambes et, totalement allongée, avait poussé un long soupir de soulagement. Amarok la caressait avec des gestes appliqués et plein d’affection. Il avait le cœur lourd, la gorge serrée et Berceuse le sentait. La tristesse l’empêchait de parler, mais ils n’en avaient pas besoin. Elle était heureuse qu’il soit à ses côtés. Ce soir elle retrouverait sa mère et Érèbe. Cet étalon de légende serait-il fier de sa descendance ? Des choix qu’elle avait fait ? De ce qu’elle avait accompli ? La petite jument était fière d’elle en tous cas. Elle avait eu une vie si remplie. Elle avait connu Lynx et Loup, elle avait protégé les siens, elle les avait tous aimé. Pouvait-elle rêver une plus belle destinée ? Entourée toute sa vie des siens, d’une famille qu’elle se construisait au fil des jours et qu’elle défendait envers et contre tout. Oui, elle était fière d’elle. Elle ne doutait pas un seul instant de ce qu’elle avait fait durant sa courte vie.

Elle fixait un point qu’elle ne voyait pas, elle fixait les étoiles. L’éclat laiteux de la lune lui manquait et les constellations aussi. Elle se souvenait de tout ce qu’elle avait vu, elle se souvenait des nuits étoilées où, absorbée par ces lumières célestes, elle restait debout jusqu’au petit jour pour les observer. Elle se souvenait de tout. Les plaines, les montagnes, les forêts. Les lacs, cascades et rivières. Les troupeaux de bison qui passaient au loin, les meutes de loup en été, les oursons qui apprenaient à pêcher. Les aigles qui dominaient le ciel et le galop des mustangs, qui faisaient rugir le tonnerre sur les plaines. Elle se souvenait de tout.

La main d’Amarok avait cessé de la caresser et cela l’avait tirée de ses pensées. Il pleurait. La respiration de Berceuse était de plus en plus rauque, de plus en plus fragile. La petite jument ne bougeait presque plus et ses flancs se levaient et s’abaissaient très lentement, dans un rythme presque cathartique.

« Je suis désolé de t’avoir entrainé dans une guerre si stérile. J’aurai dû l’éviter. Je n’ai pas sur t’en protéger ni t’en soigner. Pardonne moi Berceuse. »

Elle avait cherché sa main avec son museau et une fois que la paume de son cavalier avait touché les naseaux de velours, elle avait de nouveau soupiré. Elle ne lui en voulait pas : la rancœur n’avait jamais existé chez elle et Amarok avait toujours été son ami le plus précieux dans son esprit.

Berceuse avait soupiré encore une fois et avait fermé les yeux. Le sommeil la gagnait, elle était fatiguée. Elle ne sentait plus ses jambes, ni son dos. Elle parvenait encore à distinguer, faiblement, la main de Loup qui la caressait et ses larmes, qui tombaient sur sa joue. Dans un dernier soupir, elle s’était totalement endormie et se laissait partir.


Au petit jour, Silk avait soufflé dans la nuque d’Amarok. Il l’avait trouvé là, la tête de Berceuse reposant sur ses genoux. L’Indien avait levé la tête pour observer son étalon bai, un géant aux reflets de sang. Silk l’avait contourné et avait enfoui sa tête contre le poitrail de sa défunte chef. Elle était venue le trouver, quelques jours auparavant, pour lui faire promettre de prendre soin de Loup : il lui avait juré d’être aussi fidèle qu’elle l’avait été. Son cavalier avait finalement, avec beaucoup de douceur, posé la tête de la petite jument grise sur le sol et s’était levé.

« Allons chercher ses crânes. Berceuse doit partir avec. »

La tristesse que Silk avait perçu dans sa voix était à crever le cœur. Loup l’avait enfourché et il était rapidement parti vers le campement. Là-bas, Amarok avait été bref, ne souhaitant pas en parler tout de suite : il venait de perdre une jument qui l’aurait porté jusqu’au firmament s’il l’avait souhaité. Une jument qui l’avait fait grandir, élevé au rang des Chefs. Silk l’avait suivi, exactement comme Berceuse l’aurait fait, et Amarok avait rapidement récupéré les crânes ornés de plumes pour aller les déposer au plus vite auprès du corps de sa jument. L'ancien Chef ne disait rien, son visage était fermé: au fond de ses yeux brillaient des souvenirs qui appartenaient maintenant au passé.

L’étalon bai avait galopé aussi rapidement qu’il le pouvait mais en arrivant à la limite du territoire, il avait brusquement ralenti. River, qu’il avait déjà vu, s’était couché auprès de Berceuse et semblait jouer avec ses crins. Amarok n’avait plus bougé et au bout de quelques minutes, l’étalon pie s’était relevé et il avait alors semblé les remarquer. Il avait levé bien haut sa tête et était subitement parti à toute allure, refusant de rester trop longtemps loin de la harde qu’il protégeait. Silk s’était enfin rapproché de la dépouille de la Douce et Loup avait disposé les crânes autours d’elle. Il était resté longtemps à caresser la joue de la toute petite jument, puis il était enfin remonté sur Silk, pour rentrer définitivement au camp.

De son côté River, se chargeait de rapporter la nouvelle dans les terres sauvages : la douce Berceuse Pastel n’était plus.

[libre à vous de poster si vous en avez envie]



by Siiu
DC: Grondelierre, April, River & Tango
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